Histoire d' HAÏTI (Empruntée à Tugdual de LANGLAIS et Audrey EPECHE)

Haïti, île des grandes Antilles, fut découverte par Christophe Colomb en 1492, qui la nomma Hispaniola, elle prit par la suite le nom de Saint-Domingue. Peuplée à l'origine d'indiens qui furent exterminés, Haïti fut colonisée par les Espagnols, qui fondèrent la ville de Saint-Domingue en 1498, mais le traité de Ryswick (fin de la guerre de "la Ligue d'Augsbourg") en 1697, accorda à la France la partie occidentale de l'île, où des colons français s'étaient déjà établis.
Une économie prospère essentiellement agricole (canne à sucre, café, tabac) exploitée sur de grandes plantations (Habitations) nécessitait une main d'oeuvre abondante et bon marché: les esclaves noirs d'Afrique. On arriva ainsi à un déséquilibre de population: 100.000 européens "possédant" 500.000 esclaves ! une situation explosive. L'île était opulente et considérée en Europe comme un établissement modèle, elle fournissait à elle seule les 3/5 de la production des Antilles.
habitation coloniale  
Habitation de plaisance au Port au Prince - Dessin de G. Vuillier

1790, les colons blancs accueillent favorablement les idées nouvelles, avec l'arrière pensée d'indépendance pour les plus riches , l'idée est dans l'air... En mars, ils fondent leur Assemblée Coloniale à St Marc. Les petits blancs et les mulâtres sont fidèles à la Métropole. Premiers pillages de plantations.

1791, le 24 avril, Charles Walsh de Serrant écrit en métropole "nous avons eu plus de peur que de mal et nos affaires sont meilleures que nous le croyons..."
 Walch
Charles Walsh

La Constituante décrète l'égalité des hommes, à la suite de ces mesures les blancs se soulèvent contre la Métropole. Au mois d'août les esclaves noirs, conduits par Toussaint BREDA dit LOUVERTURE (affranchi, descendant d'un chef africain) se révoltent en criant "Vive le Roi" (Louis XVI étant supposé plus humain).

1792, proclamation de la République française le 21 septembre

1793, mort de Louis XVI. Affranchissement général des esclaves de St-Domingue par le commissaire Sonthonax le 29 août, dans le but de gagner les esclaves à la Révolution et d'affirmer son pouvoir.

1794, la Convention abolit l'esclavage le 4 février. Toussaint Louverture se rallie à la République. Les colons appellent les anglais à l'aide, ils sont battus par les noirs et les mulâtres, c'est l'occasion de massacres et d'incendies.

 carte
L'île de Saint Domingue en 1751

1795, traité de Bâle, l'Espagne cède à la France la partie orientale de l'île, la France restitue les territoires espagnols conquis au-delà des Pyrénées.
L'île est réunifiée sur l'initiative de Toussaint Louverture pour le plus grand bien de l'économie locale, il donne le nom d'Haïti au nouvel ensemble.

1796, nomination par la République de Toussaint Louverture au grade de général de l'armée Française, il commande une véritable armée de 20.000 hommes sur le modèle français.

Louverture
Toussaint LOUVERTURE

1801, promulgation d'une constitution propre à Haïti par Toussaint Louverture.

1802, Paix d'Amiens avec l'Angleterre.
La France ayant toujours considéré Haïti sous sa domination, Napoléon, sous l'influence des créoles et des négociants, envoi une expédition de 30.000 hommes sous les ordres de son beau-frère le Général LECLERC, pour reprendre possession de l'île et y rétablir l'esclavage (?).
Les chefs noirs Dessalines et Christophe se soumettent et se rallient, Toussaint Louverture, attiré dans un piège, est envoyé en exil en France où il mourra en 1803. Cette expédition était une erreur et fut un échec, la fièvre jaune décima l'armée (plus de 15.000 morts) et son chef en novembre 1803, son successeur Rochambeau (fils) fut battu par les anglais. Nouveaux massacres et incendies... départ des blancs vers les autres île françaises ou la Louisiane.

prise de la ravine au couleuvre  
Prise de la ravine aux couleuvres

1804, Dessalines se proclame empereur le 1er janvier.
1806, véritable tyran, Dessalines est assassiné par Christophe et Pétion.
1807, mort du général Ferrand, successeur de Leclerc, encerclé par les noirs révoltés il se suicida.
1808, l'Espagne, avec l'aide des anglais, récupère son territoire à l'est de l'île, qu'elle gardera jusqu'en 1814.
1809, expulsion des derniers français, qui occupait encore la ville de St-Domingue.

Pendant ce temps la partie occidentale de l'île se livre à des guerres intestines et se divise à son tour en deux Républiques:

Au NORD,
peuplé en majorité de noirs,
capitale Cap-Haïtien, sous les ordres
du
Général Christophe.


Christophe fonde une république, dont il
devient Président, son armée écrase Pétion.
 Nomination de Jean-Gabriel Peltier comme Chargé d'affaires
 auprès de Georges III d'Angleterre.






Christophe proclame la royauté
et prend le nom de Henri Ier.







1807




1810



1811

Au SUD,
peuplé en majorité de mulâtres, capitale Port-au-Prince, sous les ordres de Pétion.

Pétion fonde une république, dont il devient Président.



débarquement aux Cayes de Rigaud, qui proclame une nouvelle république au Sud.

création d'un troisième état.


1814 Louis XVIII envoie 3 émissaires à St Domingue, la mission Dauxion, qui se termine par un échec et la mort de Franco de Medina.







Henri Ier choisit de se suicider, sa politique
 autoritaire entraînant un soulèvement.

1816


1818


1820


Pétion donne une constitution à sa république.


mort de Pétion.


Boyer succède à Pétion. Réunion du Nord et du Sud.


1821, indépendance éphémère de la partie orientale de l'île

1822, Réunification de l'île par Boyer qui envahit la partie orientale.

1825, convention entre la France et Haïti: reconnaissance de l'indépendance et indemnisation des colons (cette dette sera payé jusqu'en 1938 à la France). Reconnaissance par la Grande-Bretagne.


1843, renversement de Boyer.

1844, L'île est à nouveau séparée, définitivement en 2 états:


 
crateau haïti
-partie occidentale (République d'Haïti), langue officielle le français,
capitale Port-au-Prince.
drapeau dominicain
-partie orientale (République Dominicaine), langue officielle l'espagnol,
capitale Saint-Domingue.


Dorénavant ce seront deux peuples, deux histoires.

Avec le découpage en deux entités distinctes, République dominicaine et République haïtienne, le projet d'un grand Etat haïtien unifié tomba définitivement en 1844.
C’est l’année où, après de nombreuses insurrections et la mise en place de pouvoirs despotiques successifs qui accentuèrent la pauvreté, les Etats-Unis lancèrent une intervention militaire en Haïti, s'emparant de Port au Prince, réprimant le mouvement insurrectionnel et instaurant un protectorat de fait qu'ils étendirent un an plus tard à la République de Saint-Domingue.
Les dirigeants américains imposèrent avec force leur domination au travers d'un emprunt d'Etat qui se révéla aussi profitable pour les Etats-Unis qu'il fut ruineux pour l'île d'Haiti. L'influence américaine persista longtemps après le départ des dernières troupes en 1934.

L'ère du duvaliérisme paracheva une histoire haïtienne douloureuse. En 1957, François Duvalier alias « Papa Doc », à la tête d'une importante secte vaudoue, s'attela à liquider toute trace démocratique au sein de la vie politique. Exploitant les vieilles rancœurs des masses populaires à l'égard des notables métis tout en s'appuyant sur un régime de terreur, il se proclama « président à vie ».
Multipliant les meurtres politiques, persécutant les métis au nom de la négritude, Duvalier fut l'initiateur d'une dictature poursuivie plus tard par son fils qui consacra l'effondrement économique du pays et par là-même l'exil massif de la population haïtienne vers les Etats-Unis.

Dans les années 1980, les mouvements de protestations contre la corruption et la violence du régime se muèrent en de vastes émeutes. La voix unanime, qui s’est élevée au sein du peuple haïtien contre le régime Duvallier, conduisit au renversement de la dictature.
La nouvelle constitution de mars 1987 instaurant une démocratie parlementaire fut ratifiée par un très grand nombre d'électeurs.
En 1990, au lendemain d'un nouveau putsch, les Etats-Unis décidèrent un blocus économique de l'île ravagée par la misère, par un analphabétisme record avoisinant les 60%, par une croissance démographique galopante, par un exode rural — la population haïtienne étant à plus de 69% issue du monde rural — et un exil massifs; Port au Prince regroupe, à l'heure actuelle, 2,4 millions de personnes vivant pour la plupart dans les nombreux bidonvilles qui s'étalent au sein de la capitale.
Haïti, marqué par une histoire chaotique, porte les séquelles d'un passé politique douloureux qui entretient une misère tenace : en 2002, l'Etat haïtien apparaît comme le pays le plus pauvre d'Occident avec 80% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté et une mortalité infantile des plus élevées.
La malnutrition est aujourd'hui encore le lot quotidien des Haïtiens dont l'espérance de vie moyenne est aujourd'hui estimée à 54 ans. La faiblesse du pouvoir d'achat, la déficience de l'alimentation, de l'encadrement médical et scolaire constituent donc un lourd handicap pour ce pays dont l'éducation politique reste à construire, malgré les changements politiques et constitutionnels engagés.
En outre, le retour à la présidence de Jean-Bertrand Aristide en février 2001 n'a pas permis une réelle avancée de la démocratie et des libertés tant espérées par les Haïtiens, laissant le pays en panne de développement.