Les
Ateliers-Ecoles de Camp-Perrin sauvent la centrale
hydroélectrique de Péligre
Des
moulins à cannes en série…
Révolution politique, inondations : Haïti dans la tourmente
3. Révolution politique, inondations :
Haïti dans la
tourmente.
Que d’événements en Haïti dans cette
première moitié d’année !
C’est au
début de décembre 2003 que les premières
manifestation anti-gouvernementales
ont commencées. Organisées alternativement par des
étudiants et le
« groupe des 184 » ( regroupements de toutes une
série
d’organisations politiques, religieuses, ONG, associations de la
société
civile, etc. ). La plupart du temps sévèrement
réprimées par la police, ces
manifs drainaient à chaque fois plus de monde, et rendaient le
pouvoir de plus
en plus nerveux. C’est que tout cela tombait mal, car 2004, c’est
l’année de la
célébration du bicentenaire de l’indépendance
d’Haïti. La première République
noire de l’histoire. Indépendance chèrement acquise en
1804 par la lutte et la
victoire sur les colons français esclavagistes et l’armée
de Napoléon, qui
avait envoyé un contingent de militaire sur l’île.
Le président Aristide comptait
pourtant bien récupéré l’événement.
Cela faisait plus d’une année qu’il avait mis
toutes ces forces dans cette manœuvre et qu’il tentait de fusionner sa
personne
avec celle du héros de l’indépendance Toussaint
Louverture. Campagne de pub
omniprésente sur toutes les chaînes nationales.
« Aristide,
Louverture : deux hommes, un même projet ».
Peut-être est-ce ce
dernier excès qui a finit par exaspérer le peuple
Haïtien ? En tout cas,
quelques semaines plus tard, c’est au tour de
« l’Armée Cannibale »
de tourner sa veste. Après l’assassinat de son chef
Métayer,
immédiatement attribué a Aristide car il menaçait
de faire des révélations
importantes, ce groupe paramilitaire qui est né lors de la prise
de pouvoir
d’Aristide et a longtemps été son protecteur dans le
centre du pays, se renomme
« Armée Révolutionnaire pour la
libération Nationale » et jure de
déposer les armes seulement après la démission du
président. Puis c’est au tour
des ex-militaires ( L’armée haïtienne a été
supprimée par Aristide ) de faire
son entrée. En quelques jours se sont tous les territoires du
nord et du centre
du pays qui tombent entre leurs mains, la plupart du temps accueilli
triomphalement par les populations. C’est à ce moment que la
France, puis les
Etats-Unis suppriment leur soutien au régime en place.
Le 28 février, le président se
résout
à donner
sa démission et s’envole pour l’Afrique, dans un avion
affrété par les
Etats-Unis.
Un gouvernement provisoire de transition est
vite mis en place. L’ONU vote, a la demande du nouveau gouvernement,
l’envois
d’une force internationale...
Pas facile,
pour les fiers Haïtiens, l’année du
bicentenaire de l’indépendance, de voir le sol national
foulé à nouveau par des
soldats étrangers !
Mais il semble malheureusement, que c’était
la
seule solution pour ramener un peu de calme et un minimum de
sécurité, car le
pays devenait totalement incontrôlable, et le bain de sang
menaçait entre pro
et anti Aristide. Aujourd’hui, le calme semble être revenu. Les
commerçants ont
rouvert leur commerce, la vie peut reprendre. Et on attend les
prochaines
élections, qui devraient être organisées en 2005.
Par
chance, ici a Camp-Perrin, nous
sommes restés à l’abri de la tempête. Les
Ateliers-Ecoles n’ont même pas fermé
un seul jour.
Hélas, les problèmes ne sont pas
finis pour Haïti : les pluies un peu forte qui sont
tombées dans le
sud-est du pays a la fin du mois de mai ont provoqué des
inondations
catastrophiques. La déforestation intensive en est la
première cause. Les
constructions anarchiques dans le lit des rivières et les zones
inondables en
est la deuxième. Bilan : plus de 1500 morts, autant de
disparus, et des
dizaines de milliers de sinistrés, sans abris. Les
récoltes détruites. Les
routes coupées.
Et
il faut penser que la saison des
cyclones va bientôt commencer...
Vraiment,
cette année du bicentenaire est bien difficile.
Christophe Hulmann
Camp-Perrin,
Haïti, le 18 juin 2004