Interview
L’avis d’un haïtien sur la situation actuelle
du pays
Deux
questions à M.Rosyni, jeune résidant de Camp-Perrin
M.Rosyni
Comment
analysez-vous la situation actuelle du pays ? Faut-il être
optimiste ?
-
Depuis quelques années le pays est ruiné. Une
situation chaotique ou la vie humaine
ne coûte rien aux yeux des Haïtiens, jour et nuit c’est la
guerre, la violence,
la corruption. Nous vivons dans un pays de division ou le combat de
gouverner
s’est répandu par nous-mêmes, hommes dépourvus
d’esprit. On ne cède plus des
places aux gens capables, mais plutôt à ceux qui
gaspillent le trésor public.
Nous vivons dans un pays ou les coupables veulent toujours être
auteurs du
temps actuel, ou l’instabilité politique bat son plein, ou les
dirigeants ne cherchent
que leurs intérêts. Dans le pays, les auteurs de crimes ne
sont plus à la
dérobé, mais se passent tous pour de bons
enquêteurs. Le pays a d’avis au nom
unanime et des dirigeants persifleurs. Nous vivons dans un pays ou la
terreur
sème partout, surtout dans la Capitale, les journalistes, les
intellectuels, et
les hommes politiques sont victimes de l’insécurité.
En Haïti, l’embargo et la
contrebande nous annihilent, plus d’agriculture, plus d’exportation,
plus de
nourriture et plus d’insécurité, Tous ce que nous
consommons vient de
l’extérieur. On se demande si l’on doit être optimiste
face à la situation
infernale du pays ou l’embargo, l’insécurité,
l’exploitation et l’incapacité de
gouverner font la une de l’actualité. Il faut être
optimiste face à la
situation actuelle du pays, parce que nous les haïtiens, nous
avons un Dieu qui
est prêt à entendre la voix de ses enfants, un jour,
Abraham dira, c’est
assez !
L’année
prochaine, le 1er janvier 2004, Haïti fêtera deux
cents années
d’indépendance. Qu’est-ce que cela vous fait penser ?
- Cela me fait penser
à mes ancêtres qui étaient
dans l’esclavage, qui à travers l’histoire étaient
considérés comme des animaux
ou des choses aux yeux des blancs. Cela me fait penser
spécialement au 18
novembre 1803, et à Toussaint Louverture, Pétion,
Christophe, qui sont
considérés comme des héros, qui nous
menèrent à l’indépendance le 18 janvier
1804, même si aujourd’hui, ce n’est pas une vraie
indépendance.
Interview
réalisée le 25 novembre 2004 à
Camp-Perrin par Christophe Hulmann.